bon ce concours n'a pas vraiment eu la popularité escomptée

mais merci quand même aux 2 participants et venez quand même voter nombreux
Participation 1 Alrik
Daniel Corsac surfait tous les samedis après-midi depuis qu’il avait 19 ans.
Pourtant, ce samedi-là, l’éminent docteur sentait que quelque chose n’allait pas.
Ca ne concernait pas ce jour particulier de l’Eclipse totale qui émoustillait toute la population depuis des semaines, y compris Anne-Lise, sa fiancée. C’était en lui, ou plus précisément sa vision sur le monde.
Ca traînait depuis un certain temps et il se persuadait à chaque fois que son imagination lui jouait des tours ou que la fatigue altérait sa perception.
Pourtant, il aurait juré par moments qu’il pouvait distinguer les organes d’un patient sous l’épiderme ou de percevoir un objet derrière une paroi de béton.
Le jour de l’Eclipse, Daniel ressentit un profond changement en lui, comme l’agréable sensation qu’une vague invisible portait tout son être pour l’emmener au-delà.
Le mardi qui suivit, par pur instinct, lors d’une opération qui nécessitait l’extraction d’une tumeur coriace, son talent se déploya et l’aida à accomplir son devoir de médecin. Il s’en était troublé et demeura bouche bée, en dépit des félicitations de ses collègues.
Sa vision exceptionnelle décelait avec une infime précision tout ce qu’il désirait. Il pouvait voir tout ce dont il avait envie au travers de n’importe quelle matière.
Daniel excluait l’étiquette de « super-vision » car pour lui tout avait une explication rationnelle, scientifique.
C’était la base même de ses convictions qui l’avait poussées à devenir médecin.
Les jours passaient et son talent s’aiguisait comme une arme.
Un soir où Daniel rentrait d’une rude permanence à l’hôpital, il avait surpris un hold-up : Sa vue décortiquait la structure du bâtiment, les conduits d’aération, les câbles de sécurité, les portes, les silhouettes des quatre agresseurs et des vingt-trois otages.
Malgré cela, il ne pu rien faire d’autre que d’appeler la police anonymement et de donner un maximum d’informations qui permit le succès de l’intervention du GIGN. Pour Daniel, cet événement accéléra son désir d’en savoir plus sur sa condition.
Il prit chaque minute, chaque temps de pause pour faire ses recherches.
Il se documenta, surfa sur Internet, consulta différentes bibliothèques relatives à l’anatomie et à la biologie.
Tout ce qu’il trouva de réellement concret, ce n’était qu’un ouvrage épais, un livre théorique sur l’évolution de l’espèce humaine par le généticien hindou Chandra Suresh. Daniel passa sa soirée à lire cette thèse farfelue qui semblait pourtant si vraie. Tout ce qu’il y lut semblait concorder avec ce qui était en train de lui arriver.
Mieux : il y avait une probabilité pour qu’il ne soit pas le seul dans ce cas.
Ce généticien, Suresh, pourrait être la seule personne capable de l’aider à comprendre davantage.
Comme il aurait tant aimé pouvoir le rencontrer ! Pourtant, en raison de ses fonctions, Daniel ne pouvait s’octroyer le luxe de partir en vacances, d’autant plus que le personnel avait été réduit en conséquence d’une réduction de budget. Il rumina sur son sort toute la semaine suivante, lorsqu’en pleine nuit arriva un cortège d’ambulances.
22h47.
Un paquebot faisant une croisière sur les côtes atlantiques de différents pays s’éait arrêté non loin des eaux territoriales françaises. Il avait été le théâtre d’une attaque terroriste qui avait fait plusieurs blessés.
Le rythme effréné mettait le service des urgences en ébullition et un défilé ininterrompu de brancards déambulait devant le standard.
En l’espace record de quarante-cinq minutes et grâce à son don, Daniel pu traiter une dizaine de patients en décelant avec exactitude les fractures, hémorragies et autres lésions dont souffrait chacun d’eux. L’équipe de l’hôpital en restait bouche bée.
23h50.
Une patiente avait besoin de l’avis d’un spécialiste, le Dr Corsac.
On al présenta brièvement. Inconsciente, sans aucun papiers d’identité, femme blanche d’environ 30ans, américaine.
Elle disait se nommer Jessica avant de sombrer dans un râle.
Daniel l’ausculta et puisa en lui pour recourir à son pouvoir.
Il remarqua une étrange activité cérébrale chez la patiente. L’idée de lui faire subir une IRM ne changerait rien, car la machine traduirait sur papier ce qu’il voyait de ses propres yeux.
Soudain, Jessica convulsa. Isolée en bloc de réanimation, Daniel mit tout en œuvre pour la ramener. Avec succès.
Alors qu’elle restait là, perfusée et seule sur son lit, Daniel restait près d’elle pour finir de remplir sa fiche médicale en jetant un œil de temps à autre sur les machines afin de s’assurer que tout allait bien.
Tout à coup, une main lui broya le poignet avec une force incroyable et l’autre lui planta une seringue remplit de morphine en plein dans la carotide. Le pouce menaçait d’appuyer sur le piston.
Daniel se pétrifia sur l’instant avant de rappeler ses forces et calmer la situation.
- Bonsoir Docteur, susurra-t-elle dans sa langue.
- Ecoutez, vous êtes à l’Hôpital Universitaire de Bordeaux, au service des urgences, dit le bordelais avec un anglais un peu maladroit. Je suis le Docteur Corsac et c’est moi qui suis chargé de m’occuper de vous. Vous avez subit un choc. Vous êtes victime d’un traumatisme et vous avez perdu conscience lors de l’attaque du paquebot. Vous avez des risques de lésions cérébrales
- Où sont mes affaires ? Ma mallette ?
- Vos effets sont juste ici, sur la chaise, mais il n’y a pas de mallette.
- OK, Doc, voilà comment on va faire. Votre diagnostic, je m’en fous. Vous allez me faire sortir d’ici et vous venez avec moi, ajouta-t-elle en manipulant la seringue comme une baguette magique. Je n’ai pas d’arme, mais ceci fera très bien l’affaire. Daniel suivit aussitôt le mouvement.
- Comment j’explique mon absence à mes collègues ? Ils ne sont pas idiots, ils vont bien s’apercevoir que je ne suis pas là…
- Je vous conseille de faire une super improvisation Doc, menaça Jessica en injectant une quantité infime de morphine.
Daniel en ressentit un léger effet quelques instants après. Son équilibre était mal assuré et sa vue se troublait. Son pouvoir lui faisait défaut et s’activait pour un rien. Thermique, rayons X, tout s’enchaînait trop vite pour lui. Cela lui donna la migraine.
Jessica profita de cet instant pour se placer sur le fauteuil roulant et changer la seringue de place, plus discrètement. Tous deux sortirent par l’accès principal. Du coin de l’œil, Jessica reconnut sa mallette laissée à l’accueil et fit signe à Daniel de la rapprocher.
Profitant de l’inattention du standardiste, l’américaine fit main basse sur son bien. Pour se débarrasser d’éventuels gêneurs ou curieux, Daniel prétexta à quelques collègues attentionnés que la patiente s’était remise et que les examens n’avaient rien montré d’autre qu’une bosse, sans commotion ni hémorragie. Il vit sur sa droite, au travers du bâtiment, qu’une ambulance était garée là. Jessica s’apprêtait à tourner.
- Non, vous ne pouvez pas aller là...
- Et pourquoi ça ?
- Je ne veux pas. Vous n’avez pas encore tous les soins nécessaires à vos blessures.
- Je ne vous ai pas demandé votre avis. Une voiture ou une ambulance doit être garé là avec un peu de chance. Alors bouclez-la et suivez-moi
A l’angle du bâtiment, Jessica jeta un rapide coup d’œil et vit le véhicule déserté. Elle devina au regard du médecin qu’il savait pour l’ambulance. Intriguée, elle décida de le garder avec elle, en guise d’otage. Terrifié, Daniel Corsac tenta de conserver son calme et de ne rien laisser paraître de ses sentiments alors qu’il prenait le volant.
Pendant que l’ambulance dévalait l’avenue en direction du port, Un message d’alerte était diffusé à la radio. Rapidement, des barrières d’intervention de la police nationale et de la gendarmerie furent établies.
Jessica et Daniel étaient cernés.
L’américaine gardait toujours la seringue plantée sur la cuisse de Daniel et elle commençait à perdre patience.
Sans rien révéler de son talent, Daniel parvint à la guider jusqu’à un coin tranquille du port. Croyant que cette histoire allait s’arrêter là, Daniel se sentit un peu soulagé et finit par souffler. Jessica s’arrêta un instant face lui.
- J’ai eu trop de bol pour échapper aux flics, Doc. C’est quoi ton secret ? T’es avec eux ? T’as un mouchard ou une connerie du même acabit ?
- Quel secret ? Je ne vois pas de quoi vous voulez parler.
- Oui, sûr. Jessica sortit derrière elle son Glock 9mm et plissa ses yeux de prédatrice. Daniel était terrifié.
- Attendez ! Stop ! Ne me tuez pas...
- Comment sais-tu que tu vas mourir, demanda-t-elle faussement surprise.
- Ne pointez pas votre pistolet sur moi.
- Je t’ai dit que je n’avais pas de flingue. Comment pourrais-tu savoir pour ça ?
Le bout du canon vint se placer en plein milieu du front du docteur, lequel eut bien des difficultés à ne pas paniquer. Le stress d’une situation critique, la peur de la mort, la prise de décisions capitales, la gestion de dizaines de vies humaines, Daniel les côtoyait chaque jour. Mais la peur de sa propre mort, il n’en avait fait l’expérience qu’une fois auparavant au Rwanda, il y a 10 ans et ce fut tout aussi terrifiant.
Jessica posa simplement sa question. « Comment ? », avait-elle demandée.
Daniel se résolut à lui dire la vérité, quitte à passer pour un fou. Ce fut une réaction inattendue de la part de sa ravisseuse qui figea Daniel. Elle ria en sortant de l’ambulance et fit le tour pour lier les poignets du jeune homme avec des tiges de plastiques crantées. « Linderman devrait apprécier ce petit supplément », susurra-t-elle à elle-même.
Ils marchèrent jusqu’au ponton d’un cargo encore désert qui devait lever l’ancre dans 4 heures pour la côte Est des Etats-Unis. Daniel appela son talent pour tenter de trouver une personne encore présente à bord.
Personne.
Il ne sentit que la violence d’un coup porté sur sa nuque –la crosse du pistolet ?- qui lui fit perdre conscience. Il crut entendre au loin, alors qu'il était plongé au coeur des ténèbres, une bataille et des cris.
Ce ne fut que bien des heures plus tard, alors qu’un matelot venait de le trouver accroché au fond d’un tuyau d’arrivée d’eau au fond d’une des cales, que Daniel reprit connaissance.
Il fut reconduit à terre et remarqua qu’il n’y avait rien d’américain dans ce qu’il voyait.
Pas de Statue de la Liberté, pas de docks, ni de buildings ou de palmiers.
Seulement des berges boueuses d’une ville tropicale inconnue qui venait d’essuyer une effroyable tempête…
A suivre…?
_________________
Le travail c'est tabou, on en viendra tous à bout !


